Pensée

Jeudi 20 Décembre 2012
14h00

J’ai depuis longtemps une âme de blogueuse. Mon tout premier était sur skyblog. Nul à chier, il portait mon prénom et affichait des articles, pensées, chansons et autres photos dont je ne garde même pas de souvenirs. Le second, toujours sur Skyblog était plus orienté, plus travaillé, et sous un pseudonyme.
Puis j’ai entamé un troisième blog, orienté mode, musique, photographie, sur blogger. J’en voulais un qui me résume, je l’ai eu, en quelque sorte. Là j’ai fait naître Mona-Lena Cookies.

Finalement, c’est toujours sur blogger mais après des jours et des jours de recherches « créatives » que j’ai littéralement donné naissance à l’Instable Mona-Lena. Je me souviens avoir cherché le titre du blog pendant longtemps. Je tenais à garder cette identité de Mona-Lena, plus floue que le petit nom par lequel m’appellent mes amis. Je voulais un nom de blog qui ne me résumerait pas, mais me confirmerait. Je voulais un nom qui ne soit pas orienté pour que n’importe qui tombe dessus. J’ai cherché parmi mes spécificités, j’ai peiné à m’accorder sur ce que je suis, mais j’ai trouvé. Instable, oui clairement je le suis. Mona-Lena tout autant. Au début je la voulais douce, pas trop tranchée, et pas trop importante surtout. Du coup je jonglais joyeusement entre mon état civil, mon petit nom et Mona-Lena persuadée d’avoir affaire à trois personnalités différentes. Il m’aura fallu finalement trois ans pour me rendre compte que ces petits noms n’étaient que des étiquettes sur ce que je voulais classer ou caser en moi. Mon attrait pour l’accoutrement, et mon sens esthétique visuel font partie intégrante du reste. Je m’en suis aperçu en écrivant au fil du temps ces articles dans lesquels je devenais plus tranchée, plus sûre de moi, plus orientée, tout en gardant cette impériale instabilité qui me permettait de toucher à tout. Sans censure ni complexe. Je me voulais complètement décomplexée, je voulais pouvoir écrire sur tout dans ce domaine avec mes faibles ressources et connaissances. Finalement je ne le fais pas tant que ça. Je dois avouer préférer de très loin écrire sur ce qui me plaît plutôt que ce qui ne me plaît pas. En fait, je préfère que ce qui me touche dans le bon sens prenne le pas sur ce qui m’agace ou me déplaît. C’est pourquoi je n’ai jamais souhaité écrire sur untel ou untel dont les propos ou le style agresse mon œil, c’est pourquoi j’évite de taper sur tel ou tel créateur que je trouve ridicule. En ça Mona-Lena a gardé sa place.
Se perdre sous cette flopée d’identités et de pseudonyme car on veut cloisonner les choses. Je voulais que le privé sorte de ce cadre mais il en fait entièrement partie et je m’y suis jetée en incluant ma douce Ju à certains posts. Ou en parlant de ma mère, si souvent, cette Sainte pour qui je ne cache pas mon adoration.

Sous d’autres identités, d’autres pseudos, d’autres interfaces j’ai fait la connaissance de quelques spécimens, ou plutôt spéciwomen. Elles sont rares celles que je lis quotidiennement et pour qui j’éprouve cette pointe d’affection. Foutu cœur tendre. Ma pensée va d’abord à Agathe, que je n’ai pas toujours approuvée dans ses choix vestimentaires ou persos mais pour qui j’ai beaucoup d’amitié. Elle m’a d’ailleurs convertie a bien des styles. J’attends le bon moment pour écrire sur elle, ça n’est pas simple et j’ai des difficultés à peindre cette dame. Je pense aussi à Leila qui n’écrit plus pour le moment, à Fiona, à Leslie même si ça fait longtemps ou encore à Poppy-Isabelle qui a été la tout première avec qui j’ai pu échanger. Là où le privé s’est encore mêlé à ce cadre modesque c’est lorsque mon ancienne référente de stage devenue mon amie a commencé à commenter ici, ou encore tout simplement lorsque j’ai commencé à faire état de mes inspirations diverses.

La mode a été un prétexte pour écrire, pour me dévoiler sans accabler, sans étouffer. J’aurais pu publier mes pensées, mes « je », mes angoisses, mais j’ai préféré utiliser le corps et le textile comme médias pour m’expliquer publiquement à des personnes qui ne me connaissent pas. Etrange exercice que celui-là. J’aurais pu choisir la musique, l’art graphique ou encore la poésie. Et comme je suis une instable qui se respecte j’essaie de mêler tout cela par touches dans mes posts. Je tente d’écrire de telle sorte que je sois clairement comprise tout en laissant au lecteur sa possibilité d’interprétation quant à mes propos. D’ailleurs j’ai besoin d’écrire sur ces fringues, ces « sapes ». Il y’a trop de choses en elles qui nous relient les uns aux autres, les sapes sont trop évocatrices pour êtres mises de côté. En elles-mêmes, elles n’ont pas la moindre importance, du tissu, du cuir, des coutures ici et là, des couleurs, des motifs. Mais justement, elles appellent mes sens, ma vue a besoin d’être flattée, j’aime l’odeur du vieux cuir qui me ramène a des souvenirs d’enfance, la pulpe de mes doigts est sensible aux textures, aux matières. Même le goût est sollicité lorsque je suce le lacet de capuche de mon sweat, sale et usé. Et le son des talons, du frottement du pantalon. Tout ceci est minime, mais c’est certainement parce que je suis touchée que je continue de publier. Touchée et lue, je ne m’en cache pas. Je serais certainement moins productive s’il n’y avait pas ces anonymes de la toile qui prenaient le temps de passer leurs yeux sur mes mots.

Je ne suis pas une modeuse. La mode en elle-même n’a pas plus d’attrait à mes yeux que la prétendue prochaine fin du monde. Je ne suis pas une modeuse, je suis une « sensible » et je prends là où ma sensibilité est touchée. C’est sûrement pour ça que j’ai fait des sapes mon loisir, que mes amis proches sont musiciens et que j’évolue professionnellement dans le social. Je prends là où je suis touchée. Et j’entends que ça ne cesse pas. C’est pour ça que la fin du monde je m’en cogne et je n’y crois pas (mais je prends le temps d’écrire dessus, pffff).

Ça ne peut pas être la fin du monde parce que je dois léguer ma collection de Kickers à Ju un jour et que si on meurt tous elle ne pourra pas la recevoir. Ça ne peut pas être la fin du monde car je n’ai toujours pas acheté ma veste Mango. Ça ne peut pas être la fin du monde parce que je n’ai pas eu mon diplôme, je refuse de mourir en « non-diplômée » après des années de boulot. Ça ne peut pas être la fin du monde parce que je ne suis jamais allée aux USA ni en Ecosse, que je n’ai pas réalisé mon rêve de vivre en Suède et que je n’ai toujours pas fait mon halfshaved. Ça ne peut pas être la fin du monde car j’ai dit que je me ferais tatouer par Guy le Tatooer et Ien Levin un jour. Ça ne peut pas être la fin du monde car je n’ai toujours pas traduit « At the Gates of the animal Kingdom ». Ça ne peut pas être la fin du monde parce que sinon mon petit frère aura pas son brevet et il veut devenir pompier et j’empêcherais quiconque voudra l’en détourner. Ça ne peut pas être la fin du monde car l’été prochain je veux revoir deux êtres chers qui me manquent. Ça ne peut pas être la fin du monde car le blog peut pas mourir au bout de deux ans et demi, c’est un âge merdique ça. Ça ne peut pas être la fin du monde parce que j’ai toujours pas les Iron Fist qui me font bander et les Pandora which makes me wet. Ça ne peut pas être la fin du monde car j’ai vu aucun Star Wars et que mes potes vont m’en vouloir. Je pourrais continuer longtemps.

Ainsi je me mêle, je brasse, je m’éclate, je m’éparpille même. Tant que vous serez là et que les fringues seront aussi inutiles que belles, je me mêlerai, je brasserai, je m’éclaterai et je m’éparpillerai même.

Mona-Lena, touchée.
Rendez-vous sur Hellocoton !

7 commentaires:

  1. merçi mona ça me touche bcp que tu me cites.Ca fait un p'tit moment que l'on se connait maintenant même si ce n'est que derrière nos écrans!j'apprécie toujours autant ton blog avec tes looks bien personnels tes petits coups de gueules.Tu as été la seule à qui j'ai parlé de mes p'tits animaux et de la perte de ma petite chienne il y a 2 ans.Longue vie à ton blog et à notre complicité virtuelle!bisou mona

    RépondreSupprimer
  2. Ce ne sera pas la fin du monde et ta petite pensée m'a fait super plaisir. Je lis toujours tes textes avec avidité même si je suis plutôt discrète.

    <3

    RépondreSupprimer
  3. if only I remembered my french from my high school days... :( but I do like your red lip :)
    xx mili

    callmemaeby.blogspot.com/

    RépondreSupprimer
  4. This post looks interesting, but I have to echo
    Mili R. - if ony I could remember my high school french.

    RépondreSupprimer
  5. Continue d'écrire, nous continuerons de te lire !

    RépondreSupprimer
  6. Really, do they ? :D

    Tu écris vraiment bien ML, et c'est un régal de te lire ! Quand tu t'éparpilles j'adore ça... :)
    Un clin d'oeil (invisible au non-initié celui-ci) pour toi dans mon article du jour ^^

    Kiss kiss

    RépondreSupprimer

Thank you for visiting me!
I almost always answer your comments here or on your blog!
See you soon!